La phrase qui m’a trigger*
C’est une phrase qu’on m’a dite ce week-end, alors que je me renseignais sur le type de personne que pouvait bien être la prof de maths de Didou, celle qui l’avait renvoyé de classe pour un oubli de calculatrice.
Ce n’était pas la première fois que je l’entendais, et, comme à chaque fois, j’ai dégainé un sourire de façade pendant que tout mon être se crispait. Et pour cause, elle me renvoie des années en arrière, alors que je venais de me faire opérer d’une endométriose.
Traumatisée, mais chanceuse !
La chance était semble-t-il avec moi : on m’avait diagnostiqué cette maladie un peu par hasard (des années de souffrance n’étant apparemment pas toujours un indice assez fort pour qu’on en cherche la cause), alors que je venais d’emménager à Clermont-Ferrand, où exerçait justement un des plus grands spécialistes de l’endométriose.
J’ai été opérée. Bon, j’ai été un peu traumatisée aussi, mais j’avais de la chance, c’était vraiment un super médecin !
L’opération a été une réussite oui. Bon, j’ai eu un abcès, la cicatrice n’en finissait pas d’être douloureuse, les traumatismes étaient bien ancrés, mais que j’avais de la chance ! J’avais un super médecin !
Mon si bon médecin ne cessait de me répéter, à chaque fois que j’essayais de lui parler de mes douleurs, que, de son point de vue, « l’opération était une réussite ». Et que si quelques détails subsistaient (la douleur, la peur, l’impossibilité d’avancer), c’était psychologique, et je n’avais qu’à traiter ça. J’ai fini par arrêter d’insister. J’avais un super médecin, tout le monde le disait. Alors si quelque chose dysfonctionnait, c’était forcément moi le problème, non ?
Prise de conscience collective
Des années (et deux accouchements ❤️) plus tard, la parole s’est libérée sur les violences gynécologiques et obstétricales ordinaires. Pendant longtemps, j’ai lu les témoignages en me disant que j’avais de la chance de n’être pas concernée. Et peu à peu, j’ai réalisé…
La vérité, c’est que mon super médecin ne l’était pas. Je suis en effet désormais convaincue que tu ne peux pas être un super médecin si tu considères que l’empathie, la bienveillance, l’écoute que tu vas apporter à ta patiente n’ont rien à voir avec ta pratique.
Oui, j’ai eu un médecin capable de m’opérer, ce qui m’a soignée d’une maladie alors à un stade avancé, à une époque où elle était encore moins diagnostiquée et connue qu’aujourd’hui…
Mais c’était un médecin merdique. Parce qu’il n’était pas sympa, qu’il restait froid, ne m’écoutait pas, ne me témoignait aucune empathie, et répondait « de mon point de vue l’opération est une réussite » à chaque fois que j’osais parler d’une quelconque douleur.
Dans « métiers de l’humain », il y a « humain ».
Et c’est pareil pour tou.te.s les pros qui travaillent au contact d’autres êtres humains. Il se trouve que dans l’expression « métiers de l’humain », il y a « humain », ce que certain.e.s semblent avoir tendance à oublier.
La prof de maths de mon enfant est sans doute tout à fait excellente en maths, ou pour faire travailler les élèves. Mais ça n’en fait pas une « super prof » pour autant. Parce que ça n’a aucun intérêt de progresser dans une matière si c’est au prix de la douleur.

Tu veux être un.e super pro(f) ? Bosse ta posture !
Moi, je n’ai qu’une envie, c’est la convier aux formations « De l’art d’être un.e accompagnant.e » et « Les émotions, mode d’emploi » que j’anime. Elle y découvrira que pour apprendre, il est nécessaire de dépasser les seules modalités pédagogiques, pour prendre en compte les facteurs émotionnels et affectifs aussi.
Et, qui sait, peut-être qu’un jour on dira d’elle « par contre, c’est une super prof! » et que cette fois, ce sera vrai !
* »La phrase qui m’a trigger »? Mais qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ?
Traduction : qui a déclenché une réaction directe chez moi. Merci l’ASMR et mes heures d’écoute pour m’avoir appris ce mot que la jeunesse adore.
Comme toujours, cette newsletter a été écrite en musique !
J’ai eu un peu de mal à me décider, et puis finalement j’ai été accompagnée par
On Melancholy Hill, de Gorillaz
Lecture en cours…
Anti-chaos, Mathieu Dardaillon
Je m’en délecte comme Charlie (celui de la Chocolaterie) déguste sa barre Wonka : tout petit bout par tout petit bout. Chaque page est une source d’inspiration et une occasion de voir le monde sous un autre angle, tout en le comprenant mieux. C’est une véritable source d’espoir, mais aussi de découvertes. J’apprends plein de choses, puisqu’il est riche en références, mais jamais lourd : ça reste un vrai bonheur à lire !
Un vrai coup de ❤️ que le monde entier devrait lire !

Mes actus du moment
Parce que tu peux avoir envie de suivre mes actus sans pour autant passer ta vie sur Insta, voici mon « Quoi de neuf » du moment 😊
Je fais le métier de mes rêves !
C’est avec beaucoup de bonheur que j’ai repris du service en tant que prof de Français d’une classe de 4ème, après 7 ans de disponibilité ! J’assurerai également des formations auprès des pros de l’enseignement dans les établissements scolaires pour @seunsa63. Et bien sûr, je poursuis mes aventures avec EduSens, et continue à enseigner au CER. D’ailleurs, la prochaine session débute le 16 octobre !
Breizh Tour d’automne
A l’heure où je t’écris ces lignes, je suis à Vannes, pour dispenser une formation sur le CLAS. Ces petits périples bretons sont toujours synonymes de belles rencontres pour moi ! Peut-être seras-tu l’une d’elles ? J’animerai un café des parents sobrement intitulé « Comment surfer sur la vague du marathon de la rentrée », jeudi 25/09 à partir de 18H30. C’est gratuit, à la Cabanatous à Auray, et l’ambiance est sympa, tu viens ?
Cafés des parents, le retour !
Après un premier temps de rencontre en juin dernier pour aborder la question de la rentrée en 6ème, je serai de retour au collège de Pontaumur (2/10) et au collège de Pontgibaud (10/11). Nous parlerons cette fois du temps des devoirs. C’est gratuit, et ça commence à 18H30 !
« Madaaaame, j’ai pas d’feuille! »
A peine J+15 après la rentrée et j’étais déjà à bout de nerfs à cause des oublis de matériel de mes élèves ! Un week-end de ruminations plus tard, j’ai imaginé un système, peut-être pas révolutionnaire, mais au moins un peu plus constructif que les punitions (ou le renvoi de la classe 😅). J’en ai fait une vidéo humoristique à voir ici.
Cet article est la Chronique Buissonnière du 25/09/2025. Si tu as aimé et que tu veux recevoir les prochaines newsletters, il suffit de t’inscrire ici!










0 commentaires